Nous présentons ici quelques étapes de fabrication d’une guitare acoustique. Une guitare folk modèle F en Olivier.

On réalise tout d’abord un gabarit de silhouette de la caisse [1] avec les emplacements de certains éléments, comme la rosace et les barrages du fond et de la table.

En général chez Favier Guitars, nous partons de gros plateaux, dans lesquels nous débitons le strict nécessaire pour chaque instrument, si ce n’est d’arbre entier. Pour l’Olivier nous sommes partis de plateaux épais, à déligner puis refendre. Les parties les plus spectaculaires sont réservées au fond [2]. Les éclisses sur cette guitare sont aussi bien figurées [3].

[1] Silhouette de la caisse

[2] Fond en Olivier

[3] Éclisses en Olivier

La rosace

Voici quelques étapes de la réalisation de la rosace de la guitare. L’incrustation est réalisée à partir d’un bois en rapport avec l’instrument, en une seule pièce massive. Le maître mot dans ce travail est précision ; ultra précision même. Chaque découpe pendant cette étape est au plus large à 150 micromètres près, environ cinq fois l’épaisseur d’un cheveu !
Ici, on aperçoit la pièce massive d’olivier dans laquelle est détourée la pièce d’incrustation (rainures intérieures et extérieures). Ensuite, toujours avec la même précision micrométrique, on vient rainurer au centre pour pouvoir incruster la nacre et la fileterie noir-blanc-noir [4].

Il s’agit maintenant de reprendre la table d’harmonie et de faire la défonce finale de la rosace. Ceci afin de pouvoir placer la pièce de bois nacré et deux filets noir-blanc-noir supplémentaires. Ce contraste permet de mettre en valeur le diamètre intérieur et celui extérieur [5].

En dernier lieu, nous créons l’évidement pour faire échapper le son créé dans la caisse. L’ouïe circulaire standard de 100mm se place à 5mm de l’incrustation [6]. Deuxièmement, elle pourra jouer un rôle de barrière à la propagation de fissures. En effet, si l’Épicéa se fragilise à cause de l’ouverture, la fissure sera bloquée à 5 mm maximum. En bref, il n’y aura aucune conséquence sur la mécanique de la table donc sur le son.

[4] Détourage pour l’incrustation

[5] Installation de la pièce de bois nacré

[6] Évidement au centre de la rosace

La caisse de la guitare

Un peu plus loin dans la construction, nous assemblons quatre parties pour former la caisse. Dans un esprit jusqu’au boutiste, l’intérieur des éclisses est poncé très fin [7]. Comme le fond côté intérieur et les barrages d’ailleurs, l’ensemble de la caisse doit être d’une propreté irréprochable. Chez Favier Guitars, aucune trace de colle, de rayures ou aspect brut non travaillé.

Ensuite les éclisses sont placées dans le moule à la forme du modèle F. On colle les talons pour rassembler les deux éclisses, puis les contre éclisses pour recevoir le fond préalablement barré [8]. On voit alors le résultat du collage [9].

[7] Ponçage fin de l’intérieur des éclisses

[8] Les éclisses sont insérées dans le moule. En arrière plan, le fond et son barrage

[9] Fond en Olivier et son barrage

Reste à suivre la même procédure pour la dernière partie pour constituer la caisse.

Avant de refermer cette ‘boîte’, jetez un dernier coup d’oeil à la table, pour voir tout le travail de barrage accompli [10] [11] [12]. C’est la partie cachée d’une guitare acoustique – un peu secrète finalement. Or c’est à cet endroit que tout se joue sur le rendu sonore final de la guitare.

[10] Vue du barrage de la table

[11] La table avant le collage sur la caisse

[12]

Ensuite, nous arrivons à la jonction corps-manche. Néanmoins, nous ne détaillerons pas cette étape dans cette article. En revanche, voici quelques jolis clichés des trois éléments à assembler : manche, caisse et touche [13] [14] [15].